Revue n°42 des Amis du Vieux Rumilly et de l’Albanais
Dans le cadre des échanges de publication entre sociétés d’histoire, nous avons reçu le bulletin publié par les Amis du Vieux Rumilly et de l’Albanais (n°42, 2025). Celui-ci nous propose en 60 pages quatre articles traitant de sujets totalement différents mais fort intéressants
Le premier, le plus long, nous conduit dans la petite commune de Crempigny-Bonneguête, 325 habitants, située sur le versant est de la montagne des Princes, proche de Rumilly. Les deux auteurs nous racontent l’histoire de ces deux villages fusionnés aujourd’hui. Bonneguête dont la maison forte de Bevy surveillait autrefois le Val du Fier, ce qui explique son appellation, nous est décrit à travers sa paroisse autour de l’église bordée d’un antique tilleul et d’un vieux prieuré. Sa maison forte était plantée sur les rives de la Morge, ancienne possession des seigneurs d’Hauteville, vassaux des comtes de Genève, puis des de Charriéres et enfin des Monton de Bevy. Crempigny nous est présenté par sa maison forte, dite château du Fey, d’origine incertaine, sous la forme de belles photographies, d’une description du bâtiment et surtout d’une longue déclinaison de ses occupants successifs avec mentions abondantes d’armoiries et de généalogies. Cette présentation est accompagnée là aussi d’une description de la paroisse de ce village avec son église au curieux clocher porte du XIXe siècle et des extraits de la Mappe sarde.
Le second article traite de la ciergerie de Blanchet à Alby-sur-Chéran. Il s’agit d’une fabrique ouverte au XIXe siècle et fermée en 1985. Elle livrait, aux particuliers et au clergé, bougies, chandelles et cierges de diamètre et tailles variés. L’auteur de cet article nous commente les différentes phases de fabrication de cet objet pour voir dans le noir et représenter le symbole de la foi : l’enroulage de la mèche de coton préalablement tressée, son trempage dans un bain, mélange de cire, de stéarine et de paraffine, et enfin le séchage suivi d’un emballage dans un papier gras pour éviter le collage. Techniques demandant à l’artisan cirier grande patience et dextérité.
Le troisième article rend hommage à une commerçante, Odette Rameaux, de Rumilly décédée en 2023. Elle était marchande de vêtements mais aussi très impliquée dans les associations d’aides aux personnes et dans la vie sociale. Mais ce qui retient l’attention est surtout le fait qu’elle est l’autrice d’un ouvrage au titre évocateur, Afin que nul n’oublie, racontant l’histoire de trois familles locales dont la sienne.
Enfin le quatrième et dernier thème est celui de la coutellerie de Rumilly. Dans la région annecienne, riche en minerai de fer et en charbon de bois, issu des forêts profondes, la population rurale regroupée en petits établissements, cherchant un revenu complémentaire hors saison de cultures, s’est spécialisée dès le Moyen Age dans la fabrication de couteaux et de lames. Au XVe siècle, Annecy possédait également des ateliers de coutellerie et d’armurerie grâce à la qualité des eaux du Thion propices à la trempe. Cette production en déclin au XVIIIe siècle a été relancée à la Révolution, au moment de l’occupation de la région par la France. On trouve ainsi de nouvelles manufactures à Annecy fabriquant des couteaux, des couverts et des peignes. L’article le plus célèbre à Annecy, dénommé le Rumilly, était un couteau à manche en bois de cerf, à deux pièces, lame et scie, ou à trois en ajoutant une alène ou un tire-bouchon. Le dernier coutelier, Antoine Bouvier, fabriquait des couteaux éponymes identiques au Rumilly, jusqu’à la fermeture de son entreprise en 1930, revendue à Opinel en 1948.
Il est possible de consulter ce numéro au siège de la Société les 2eme et 4eme mardis de chaque mois (de 16 h à 18 h) ou sur rendez-vous.
