De l’Auberge au Palace, l’hôtellerie aixoise depuis le XVIIe siècle
L’association Art et Mémoire d’Aix-les-Bains nous a adressé sa dernière publication (n°118 – juillet 2025) : un numéro spécial de 80 pages intitulé De l’Auberge au Palace, l’hôtellerie aixoise depuis le XVIIe siècle.
Cet important dossier, très riche en illustrations et en informations, est articulé en deux parties : d’abord l’histoire de l’hôtellerie aixoise, puis la liste des hôtels ayant existé à Aix depuis le XVIe siècle. La première partie comprend elle-même deux chapitres, l’un consacré à l’hébergement de villégiature au temps pionnier, du XVIIe au milieu du XIXe, l’autre décrivant la période dite du plein essor suivie du déclin de l’hôtellerie aixoise.
Le premier établissement thermal a été construit sous l’impulsion de Victor-Amédée III, roi de Sardaigne et duc de Savoie à la fin du XVIIIe siècle. Auparavant les bains d’eaux thermales, fréquentés depuis l’Antiquité, se prenaient, faute d’établissement spécialisé, dans un logement pris en location, situé la plupart du temps autour des sources. Les auberges étaient alors peu nombreuses avant le XVIe siècle. On note une exception avec le Logis des Trois Rois, rare établissement documenté à cette période, devenu trois siècles plus tard l’immeuble le Flaxieu.
La Révolution a marqué un tournant grâce à l’introduction de la liberté de commerce. Apparaissent désormais des hôtels qui se différencient des auberges par leur emplacement intra- muros. L’hôtel est un établissement urbain qualifié souvent d’un adjectif (grand), d’une localisation (de l’Opéra), d’une fonction (des négociants) ou du nom du propriétaire.
La clientèle thermale a augmenté à partir du XVIIIe siècle, en même temps que sa renommée mondaine liée à la présence des « grandes familles » et grâce à l’arrivée du train au milieu du XIXe. On voit ainsi apparaitre le Lion d’Or ou les hôtels Prunier, de la Couronne, de l’Arc Romain ou des Bains. Dans le même temps s’établit une concurrence avec les pensions de famille avec chambres meublées qui offrent une vie plus intime presque familiale. C’est le cas de la pension Perrier qui abrita en 1816 les amours de Lamartine et de Julie, l’Elvire des Méditations Poétiques.
Vers 1860, le nombre de « baigneurs » en traitement à Aix atteint environ 9 000 personnes. D’où une multiplication du nombre d’hôtels qui ne sont souvent que des transformations de maisons d’habitation. La construction des deux grands hôtels, le Royal (1857) et le Globe (1858), marque un changement dans l’architecture et la conception des nouvelles constructions, avec notamment une modification des plans, des équipements et de l’environnement. De même, on a tendance à construire sur les hauteurs afin de privilégier la vue sur le lac comme on le constate pour Le Splendide (1884). On passe de 60 établissements hôteliers à la fin du XIXe siècle à 95 en 1939.
Le déclin commence après la seconde guerre mondiale avec le développement des locations saisonnières. Le nombre de chambres est peu à peu passé de 3300 à 700 environ malgré une petite remontée à la fin du XXe siècle grâce à la construction de l’Ariana (1980), du Park Hôtel et de l’Adelphia, classés dans les établissements de luxe.
La seconde partie de cette publication comporte la liste alphabétique de 178 hôtels, exclusivement sur la commune d’Aix, connus parfois depuis le XVIe siècle et avec, pour chacun, une adresse, quelques dates, des détails historiques, leur évolution et souvent une illustration.
Il est possible de consulter ce numéro spécial au siège de la Société les 2eme et 4eme mardis de chaque mois (entre 16 et 18 h ) ou sur rendez-vous.
